SUPERDOME
au palais de tokyo
du 29 mai au 24 aout 08

Daniel Firman “Würsa (à 18 000 Km de la terre)”
résine de polyester, mousse de polyrhétane, acier, peau.
Fabien Giraud et Raphaël Siboni “Last Manoeuvres in the Dark”
Jonathan Monk, “Time Between Spaces”
Arcangelo Sassolino “Afasia 1″
Daniel Firman “Würsa (à 18 000 Km de la terre)”
Christoph Büchel “Dump”
SUPERDOME c’est super ! Formulation bien pauvre au contraire de cette exposition riche en surprises. Cinq œuvres majeures d’artistes contemporains qui flirtent avec notre réalité. Que ce soit politiquement ou poétiquement, SUPERDOME redimensionne vos repères. Exposition qui met au défi la gravité, le temps, l’environnement, le mal absolu ou encore une menace latente. Des œuvres portées sur le présent mais aussi et surtout notre futur qui, si l’on regarde la vision de ces artistes, n’est pas très rose.
On restera bluffé par l’hyper réalisme de cet éléphant équilibriste, figé dans un nouvel espace temps. Menacé par une icône du cinéma, représentant du mal absolu, ici dupliqué et en formation militaire pour nous chanter un hymne des plus sombres. Propulsé dans l’attente que ça vous pète à la figure, comme une menace d’une fin inexorable, contenue mais sous pression. Englouti devant une montagne de détritus, ou transféré dans une réalité lunaire où tout semble en place sauf que le temps ne semble plus être un repère absolu.
Vraiment magnifique, le seul regret serait de rester sur sa faim tant les pièces ici présentées en appellent d’autres. Une exposition trop courte mais très enrichissante. A savourer.
Valerie Mrejen
au Jeu de Paume

Comment raconter tous ses petits tracas ? Qu’est ce qu’une conversation ? Qu’est ce qu’une narration ? Pensez vous vraiment ce que vous dîtes ? Qu’est ce qui vous agace le plus chez vous, et chez l’autre ?
Je ne sais pas si ce sont véritablement les questions que se pose l’artiste, mais ce sont des questions qui vous viennent en tête après cette exposition. Un travail de vidéaste, entre cinéma de fiction et documentaire. Une série de petits courts, souvent drôles, parfois émouvants mais surtout témoins de situations d’un quotidien qui, aussi banal soit-il, reste extraordinairement riche.
Un jeu permanent sur nos tics de langage, nos rêveries, nos utopies, toutes ce choses qui rendent notre vie si détestable mais si agréable à vivre.
Alec Soth
au Jeu de Paume.

Charles, Minnesota.
série “Sleeping by the Mississipi”
Tirage argentique.
Une proposition bien poétique que cette exposition. Un photographe et le monde qui l’entoure. Sans arrière pensées, sans trucages. Juste un arrêt sur image, le temps d’une pause, le monde se fait glace et pourtant bouillonne de mille passions.
A travers quatre parcours, de Botoga, au Mississipi ou de Paris aux chutes du Niagara, Alec Soth se ballade à travers le monde pour observer. On nage en pleine poésie, tout dans ses photos laissent place à l’évasion. Du photographe en hors champ, aux paysages infinis, rien n’est cadré, fini.
Le portrait et le paysage se confondent. Un paysage semble avoir une âme comme un portrait semble façonné par son vécu. Deux sujets, mais la même narration.
On sent un désir de capturer le moment tout en lui rendant sa plus grande liberté. Un travail fin et plein de vie. Du Cartier Bresson sans scénario, une pure merveille.
Louise Bourgeois, rétrospective à Beaubourg du 5 mars au 2 juin 2008

Louise Bourgeois ou l’art de l’introspection par excellence. lorsque l’on entre dans cette exposition montée de manière chronologique, les premiers travaux de Louise Bourgeois vous accaparent tout de suite par leurs sens.
Les femmes maisons, éléments marquants du début de sa carrière résument assez bien, à mon sens, toutes les évolutions que prendront le travail de cette artiste plasticienne aux écritures multiples. La femme maison, l’organique et le mécanique. La création du foyer, la maternité, les rigueurs sentimentales et psychologiques qui en découlent. Je ne vais pas m’aventurer non plus dans une critique freudienne de cette exposition, mais le travail de Louise Bourgeois s’attache tellement à traiter de ces thèmes et de l’impact qu’ils ont eu sur sa vie qu’il est difficile de ne pas les aborder. La castration, le père, le nid, la mémoire… autant de thèmes qui répondent au nom de chacune des salles que vous traverserez.
Ce qui peut être dit simplement de cette exposition c’est la grande richesse d’expérimentations de l’artiste. Les matières employées sont extrêmement variées. Les médiums sont étendus, dessins, gravures, sculptures, installations. Du petit au monumental, tout est bon pour explorer sa vie. On restera pantois devant toutes ces araignées, image maternelle, qui sont toutes extraordinaires, de la petite réalisée en couture ou encore la gigantesque, rassemblement soudée de diverses pièces d’acier.
Si les sceptiques s’arrêteront à ce côté parfois tourmenté et très démonstratif d’une vie et des malaises ressentis, on ne peut pas passer à côté d’une artiste prolifique, toujours à la recherche de son propre sens.
Une exposition fabuleuse qui mérite d’être vue.
Gilles Barbier
Le cockpit, le vaisseau, ce que l’on voit depuis le hublot (21 mars - 10 mai 2008)

On peut ne pas être critique d’art et se laisser transporter dans l’univers de Gilles Barbier. L’exposition inaugurale de l’Espace Claude Berri débute par ce radeau, figure mythique de la peinture immortalisée par le génie de Géricault. Une reconstruction de ce radeau version Barbier devient le transport de la déchéance universelle. Mais quoi emporter alors que ce monde dérive ? Des vivres, l’architecture ou les sciences elles-même?
Cette embarcation nous transporte vers le cœur de l’œuvre. Une installation où l’on devient comme le titre l’indique, les acteurs-témoins d’une glissade vers une asphyxie planétaire. Tout est miniaturisé ou géant, comme cette portion de fromage où ses trous sont autant d’espaces emplis de locataires ou de propriétaires. Le monde est un fromage où nous, humains, sommes assimilés à des vers creusant pour s’adapter, cellulairement modifiables.
Un monde sous cloche devant un coucher de soleil à la limite du kitsch ou encore homo sapiens contemplant un monolithe de fromage, un grand merci à Kubrick. On nage en pleine science fiction et c’est en quelque sorte une projection en “auto reverse” bouclée que Gilles Barbier nous propose.
Terrain glissant si l’en est à la vue des bananes écrasées, fromages dégoulinants ou autre matière fécale victime de nos pieds assassins. Une drôlerie scientifique présage d’un futur bien moins rose. Un foisonnement de créations, une écriture multiple pour un artiste visionnaire qui rafraîchit l’art contemporain.
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Laurina Paperina
BRITNEY SPEARS IS “THE NEW MARCEL DUCHAMP”
Première exposition personnelle en France pour cette jeune artiste italienne. Une artiste qui redonne à penser les traits humains de nos peoples et autres politiques. C’est avec un trait enfantin et des couleurs vives que l’on se ballade dans une dérision totale de nos célébrités. Britney Spears côtoie Ben Laden observés par les Beatles le tout devant un orgie schtroumphesque.
On pourra se trouver sceptique devant ce travail aux allures de dessins d’enfants mais c’est ce traité simple et fluide qui rend le cynisme encore plus acéré sur des sujets loin d’être anodins. La religion, le star système, la politique et consorts redeviennent rationnels et plus proche de nos idéaux de pauvres humains du bas peuple. Une démystification des icônes de notre société, un retour à la réalité dans la plus libre expression de l’enfant, le dessin aux couleurs chatoyantes.
Une efficacité, une ligne conductrice et une réalisation sans faille, une ergonomie du propos et de la forme sans fausse note. L’humour est sarcastique au final mais suffisamment relevé pour que le sourire ne vous quitte pas du début à la fin.
Une artiste à surveiller de près si vous voulez mon avis.